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72,95 km

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près de Le Bourg, Canton du Valais (Switzerland)

Col de la Forclaz, barrages d'Emosson et route des Diligences
(+ des dinosaures et des bateaux dans un tunnel !)
Attention : il y a des passages sur piste ! (cf. description ci-dessous)
(eh oui, cette fois-ci, c'était la situation inverse par rapport à mes habitudes : je me suis retrouvé sur de la piste avec un vélo de route...)
Nb: dénivelé surestimé (en raison du traitement des traces par Wikiloc).
Entièrement dans le canton du Valais (Suisse)


On commence par l'ascension du col de la Forclaz (1527m) depuis Martigny, avec (malheureusement) pas mal de circulation. Au col, le vent fait tomber mon vélo tout neuf, dont le cadre s'égratigne contre l'immonde panneau en béton du col... damned ! Il y a du monde, mais on va être plus tranquille une fois qu'on aura basculé de l'autre côté, dans la vallée du Trient. On passe justement le village du même nom, avec son étonnante église rose ("Notre-Dame des Glaciers" !). Ensuite après avoir traversé un tunnel, on prend la route à droite qui descend un peu, avant de remonter vers Finhault.


Un premier dinosaure au dessus d'une maison (plutôt herbivore, du genre diplodocus !) semble nous observer avec bienveillance et des encouragements sur la route (Quintana, Sagan, Morabito, etc.) rappellent le final de l'étape #17 du Tour 2016. On monte jusqu'au lac d'Emosson, qu'on atteint au niveau du col de la Gueulaz (1965m) où on est accueilli par un T-rex de plusieurs mètres de haut, affublé d'un casque de cycliste, avec le massif du Mont-Blanc en toile de fond ! La présence de ces énormes reptiles est liée à la découverte d'empreintes d'archosaures primitifs, ancêtres des dinosaures, en 1976 par un géologue français (le site était habituellement masqué par un névé jusqu'à sa découverte).

Est également exposée la roue à augets d'une turbine Pelton, avec le lac d'Emosson en toile de fond. Son niveau étant relativement bas, le barrage de Barberine (qui ne sert plus à rien aujourd'hui) était visible. Le complexe hydroélectrique comporte en effet 3 barrages :
- le barrage de Barberine (terminé en 1925),
- le barrage du Vieux-Emosson (mis en service en 1955, puis rehaussé en 2014),
- le barrage d'Emosson (mis en service en 1972).
Le barrage "principal" est déjà impressionnant avec ses 180m de haut et son lac de 5km de long (même si c'est tout de même un peu plus petit que le barrage de la Grande Dixence) mais il y également tout un tas de galeries qui récoltent des eaux de glaciers de France et de Suisse. Il y a même eu un échange de territoire entre les 2 pays lors de la construction du dernier barrage pour que ce dernier se situe entièrement en territoire helvétique !

Pour les curieux :
http://blogduvalais.ch/ancien-reportage-inedit-de-8-mont-blanc-bienvenue-sur-terre-bst-a-propos-du/ (site en maintenance... éternelle ?)
quelques vues de l'intérieur
images de la constructions

Après une pause pique-nique bien méritée, je passe sur le barrage. En contrebas, j'aperçois une petite ligne de chemin de fer menant au pied du barrage, dans un endroit particulièrement escarpé ! Combiné avec deux funiculaires (un avant, un après... sous lequel je suis passé pour accéder au barrage), c'est un autre moyen d'accès au barrage pour les touristes...

Direction le vieux barrage ! La route, très agréable, longe dans un premier temps le lac. Après un petit passage non asphalté (pour cause de travaux ?) mais tout à fait praticable en vélo de route, on arrive au pied de l'ultime montée proprement dite... dont la pente ne va pas décevoir !!! On a un joli piton en ligne de mire (la Veudale, sans doute) et c'est vraiment très raide, avec deux petits tunnels : les plus pentus que j'aie jamais empruntés, et de loin ! Mais c'est tellement joli et vertigineux (souvent en corniche) que ça gonfle le moral... et on arrive à la Cabane du Vieux-Emosson. Le barrage est là, juste au-dessus, mais la route s'arrête...

Allez ! Ça serait dommage de ne pas rouler sur le barrage, pas vrai ? Je porte/pousse donc le vélo sur le petit sentier pierreux qui y mène (certains randonneurs me regardent un peu comme un fou !) et après quelques marches sur un dernier petit escalier en bois, j'ai enfin le droit de rouler sur le barrage du Vieux-Emosson (2225 m) et de profiter de la vue magnifique ! Je monte (à pied) sur le petit promontoire surplombant le barrage... quelle vue ! Il y a également une étrange petite structure blanche (cf. photo #5), cylindrique et étroite, en métal et avec un petit hublot... mais je ne sais pas à quoi ça sert : j'ai même essayé de trouver des plans sur le net, sans parvenir à résoudre cette énigme !
(un puits d'accès aux galeries souterraines ? un puits de mesure ?... si vous le savez, dîtes-le moi !)

Je redescends par la même petite route, toujours aussi spectaculaire. Après avoir repassé le col de la Gueulaz, je trouve facilement l'entrée du tunnel que je voulais explorer. J'ai oublié mes lumières mais la tentation est trop grande : je m'y engouffre (et on n'y voit vraiment pas grand chose !). Il est courbé, quelques rares ouvertures côté lac laissent parfois passer quelques rayons de lumière, il y a un 4x4 qui passe en m'éblouissant... et j'ai même "vu" 2 bateaux (avec l'obscurité, il m'a fallu un moment pour comprendre de quoi il s'agissait !) rangés (semble-t-il) dans des sortes de niches sur le côté du tunnel. Après 700m, on ressort à la lumière du jour, et la route continue en direction du le fond du lac. Belle vue de côté sur le barrage de Barberine (noyé quand le lac d'Emosson est plein). Au bout d'un moment, c'est la fin de l'asphalte et c'est là que j'ai fait demi-tour, n'osant pas m'aventurer avec un vélo de route sur le sentier qui permet d'aller vraiment au fond du lac. A cet endroit, quelques cabanes jouissent d'une vue imprenable sur le lac et une fontaine me permet de remplir mon bidon. Peu avant de repasser dans le long tunnel, je surprends un chamois qui ne m'entend arriver qu'au dernier moment, avant de plonger dans la végétation. Chamois ou bouquetin, pas toujours facile de faire la différence, surtout quand l'animal ne demande pas son reste avant de prendre la poudre d'escampette ! (mais je suis presque sûr qu'il ne s'agissait ni d'un canard ni d'une gauffre...)

Je poursuis donc ma descente vers Finhaut. Sur la gauche, je remarque ce qui a l'air de correspondre à une piste que j'avais vaguement repérée sur la carte, semblant rejoindre les villages situés en aval de la vallée du Trient. Peut-on vraiment passer et rejoindre ainsi le fond de la vallée du Rhône ? La piste semble en excellent état et je m'y engage : ça ne secoue pas trop avec le vélo de route. Je croise une sympathique famille suisse et leur demande toute de même plus d'informations. Ils m'expliquent qu'il y a quand même plusieurs km de piste avec des lacets assez escarpés... que ça devrait passer avec mon guidon droit mais qu'ils me conseilleraient de faire demi-tour si j'avais un guidon recourbé ! J'hésite un peu, mais quand j'émets l'hypothèse de rebrousser chemin et de repasser par la Forclaz, ils semblent unanimes : c'est beaucoup plus joli par la piste, il n'y aura pas de circulation et, en plus, il s'agit d'une voie historique ! Bref, il n'en fallait pas plus pour me convaincre... je les remercie vivement et je continue sur ce chemin !

C'est un choix que je ne regretterai pas : il s'agit en effet de la Route des Diligences, une piste construite au milieu du XIXème siècle. Elle a même contribué au développement du tourisme (qui en était à l'époque à ses balbutiements) dans la région, car Thomas Cook, pionnier du secteur touristique, l'avait incluse dans son premier circuit de découverte de la Suisse en 1863 : la ViaCook. Sans surprise, ce premier voyage a remporté un franc succès et en a précédé bien d'autres ! Ce tronçon est en tout cas magnifique, en forêt, avec des lacets bien serrés et bien pentus ! Pas facile avec mon vélo de route (même avec mon guidon droit, dont d'aucuns -vous vous reconnaitrez, viles créatures !- se sont souvent moqués !) : j'ai dû mettre plusieurs fois pied à terre par peur d'y déraper. Un des lacets passe sous la voie ferrée peu avant que la piste ne rejoigne le hameau du Trétien, où on retrouve l'asphalte. Après une légère petite montée, la descente continue, avec quelques lacets offrant une perspective splendide sur le coude du Rhône (dont on verra la source l'année suivante). Un pont nous permet de repasser de l'autre côté du Trient et est suivi immédiatement par un tunnel, dont j'avais du mal à évaluer la longueur puisqu'il était courbé. Comme je n'avais pas de lumières, des passantes arrêtent un motard qui accepte gentiment de rouler derrière moi (escorte privée !) le temps que je traverse le tunnel (qui faisait tout de même 500m) ! Et je suis enfin de retour à Martigny...

Conseil : Si je suis amené à le refaire, je prendrai un VTT et je ferai l'itinéraire dans l'autre sens ! Emprunter la piste de la route des Diligences dans le sens de la montée sera certainement moins "casse-gueule" (même si l'adhérence est sans doute un peu limite dans certains lacets) et la circulation de la route du col de la Forclaz sera nettement moins pénible en descendant vers Martigny. Quitte à rouler en VTT, je rajouterai même un autre tronçon de piste de la route des Diligences, entre Vernayaz et Salvan, avec encore plus (37) de lacets ! (pour faire de la concurrence au col de Tende ?)

Valais 2017, 1/3: Col de la Forclaz, barrages d'Emosson et route des Diligences
Valais 2017, 2/3: Col du Grand Saint-Bernard
Valais 2017, 3/3: Cols du Sanetsch, du Pilon et de la Croix

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