Temps en mouvement  4 hours 8 minutes

Durée  6 hours 10 minutes

Coordonnées 2849

Publié 14 novembre 2019

Recorded novembre 2019

-
-
1 049 m
702 m
0
3,9
7,8
15,55 km

Vu 3 fois, téléchargé 1 fois

près de Windsbourg, Grand Est (France)

La rando du jour avait un but assez simple, monter assez haut pas trop loin de chez moi pour aller voir les nuages d’au-dessus, si toutefois c’était possible ! Ce n’est pas toujours évident et j’aurais eu plus de succès si j’avais roulé un peu plus pour y arriver, oui mais voilà, mon temps était compté…
Peu importe, la journée allait être en grand partie dehors, dans la nature, à profiter du bon temps et me faire plaisir. C’est toujours la base de mes sorties, le plaisir !
Je commence cette rando par un passage au Schneeberg, en venant des fermes du Schneeberg. Je ne sais pas réellement pourquoi, mais j’avais dans l’idée d’atteindre au plus vite un sommet pour profiter du soleil qui n’est pas encore en haut, et faire de jolis clichés. Un ressenti, une envie… J’aime le lever de soleil mais aussi l’heure qui suit, quand il commence à monter et que ses premiers rayons permettent de réchauffer un peu l’atmosphère. A cause d’obligations familiales, je n’ai pas souvent l’occasion de commencer mes randonnées très tôt et souvent le soleil est déjà levé, c’est presque le cas d’ailleurs aujourd’hui mais il est encore rasant.
La lumière est alors vraiment jolie, on ne distingue pas encore parfaitement les formes de tout ce qui nous entoure et l’éclairage obtenu est vraiment sympa. Certes, je ne prends plus les photos avec un appareil mais avec mon téléphone, et je dois dire que le dernier modèle acheté, s’il est excellent en rando, notamment pour sa solidité et son autonomie (j’utilise un GPS en appli toute la journée je vous le rappelle), il me déçoit énormément pour les photos et je pense d’ailleurs reprendre un téléphone du même modèle que mon ancien pour les clichés, tant la qualité m’avait satisfaite. Parenthèse fermée, j’atteins le sommet du Schneeberg, et le Lottefels rapidement après une ascension extrêmement raide qui me met direct dans le bain, la température ressentie est sous zéro, le thermomètre de la voiture indiquait déjà cette donnée 200m plus bas, à l’abri…
Le soleil monte au loin calmement et timidement, les nuages restent bien accrochés sur les versants des montagnes, comme retenus par les sapins et les arbres et c’est super agréable de voir au loin cette mer de nuage partielle. Dommage, j’ai choisi les mauvais sommets mais comme je vous l’ai dit, j’ai fait ce que je pouvais. J’espère que ces nuages resteront en place mais surtout avanceront vers moi, ayant prévu d’autres sommets un peu plus tard dans la journée.
Direction maintenant mon sommet préféré, le Baerenberg, pas très loin du Schneeberg d’ailleurs. Je prends une piste de travail qui n’est pas vraiment un sentier du club Vosgien mais un sentier à flanc de montagne, montant de façon assez aléatoire, jusqu’au Sud du Baerenberg. C’est un endroit qui me fascine, la tempête de 1999 a dévasté le paysage de ce sommet, les arbres ont subi des dégâts qui ne sont toujours pas pansés. C’est un véritable lieu absolument sauvage, la nature a repris ses droits et il faut se faufiler pour monter sur magnifique sommet. Aujourd’hui, la neige est déjà tombée un peu plus tôt, les vents balayent les sapins qui se trouvent couverts de gel, qui s’éparpille au gré des rafales. C’est un lieu peu accueillant à la saison froide et il vaut mieux bien se couvrir pour ne pas choper la mort. Je circule entre les sapins tombés, dont les bois morts secs ne pourrissent pas, en prenant garde de ne pas glisser sur les racines ou les rochers apparents, mais aussi entre les petits résineux qui repoussent un peu partout. Je passe à côté d’un premier abri sous roche, dont on a rajouté quelques branches auparavant pour en faire un lieu de bivouac. Puis j’arrive parmi ce paysage vraiment chaotique. C’est malgré tout magnifique et la vue sur les alentours est vraiment envoutante. Il se dégage de ce lieu une atmosphère vraiment particulière, j’ai un ressenti très singulier ici. Je me sens vraiment bien, et en regardant autour de moi, je me sens comme parachuté quelques siècles auparavant, à cette époque où les druides aimaient le magnétisme des cupules qui devaient adoucir les maux de leurs contemporains. A cette époque où la forêt était un lieu indispensable dans la vie de l’époque, le bois servant de matière première, mais aussi les rochers. L’exploitation de ces richesses se faisait à la dure, sans bulldozer, grue ou Manitou….
Cette époque où l’on construisait sa maison de ses mains, en matériaux durables, les pierres du coin. Où l’on chassait la viande que l’on mangeait, accompagnée des légumes que l’on cultivait. En fait, je n’en sais rien précisément, mais j’ai une petite idée là-dessus. Et je dois avouer que cela m’aurait vraiment plu de pouvoir vivre pour mes propres besoins immédiats et ceux du village. J’aurais pu ressentir cela partout, mais le Baerenberg est le lieu de tous ses rêves et moments d’imagination.
Bien que j’adore ce lieu bien au-delà de beaucoup d’autres, je ne m’y attarde pas. Déjà en temps normal je le trouve chargé en émotions, par ses pierres, l’énergie qui s’en dégage et qui me traverse le corps, entrant par les pieds et ressortant par un immense sourire, les yeux vers l’horizon, appréciant chaque minute. Aujourd’hui, par contre, les conditions difficiles décuplent cette sensation et j’avance bien plus lentement qu’à mon habitude, je ressens le besoin de repasser sur cette zone brûlée qui me serre le cœur, prend quelques photos et m’empresse de repartir vers le Col de Hoellenwassen avant de grimper sur le Urstein que je ne connais pas encore. Je suis passé plusieurs fois à proximité mais je n’ai jamais poussé jusque-là, ma voiture était souvent stationnée carrément à l’opposé, cela m’aurait rallongé de trop.
Le sentier menant au Urstein passe au milieu de résineux, avec au passage une superbe vue cotonneuse sur la vallée de la Hasel, les nuages restant dans le fond, tels un lac entre des montagnes. C’est magnifique ! En arrivant au Urstein, je remarque qu’il s’agit en fait d’un rocher brisé en plusieurs parties, dont deux principales, séparées par une petite passerelle de bois, chaque partie supportant une ancienne table d’orientation qui devaient jadis indiquer aux marcheurs le nom des sommets les entourant. A ce jour, la végétation a repris le dessus et il n’y a plus aucun point de vue mais une multitude de sapins que le regard ne percera pas. La montée sur ces rochers est d’ailleurs un peu hasardeuse, tel un équilibriste, l’humidité les rendant très glissants.
Prochaine étape, le Eichkopf, sommet de 914 m hors sentier. Ne connaissant pas les lieux est étant vraiment proche, j’ai eu envie de monter là-haut voir si la vue était aussi belle que depuis le Baerenberg et sous un autre angle. En regardant sur Google Earth avant de faire cette randonnée, je l’avais vu bien plus dégagé que le Urstein, et je pensais qu’il valait l’effort. Le sentier menant à ce sommet est dans un premier temps en descente depuis le Urstein, et c’est un magnifique single à flanc de montagne qui offre un panorama magnifique, qui lui seul déjà vaut le détour. Puis arrive la partie « hors-piste » et je monte en empruntant un chemin de travail puis à travers des fougères retournées par les sangliers en quête de nourriture, j’arrive sur un sommet complètement encombré par la végétation. Il présente un minuscule rocher sommital, surmonté de quelques pierres empilées, prouvant que je ne devais pas être le seul curieux à avoir gravi cette côte. La vue est limitée mais intéressante, et il faut prendre garde de ne pas se retourner une cheville, les fougères poussant entre des petits rochers où l’on a vite fait de glisser le pied. Quelques clichés plus tard, je rebrousse chemin vers le Urstein, point de passage oblige si je ne veux pas faire un trop gros détour.
Il est à présent temps d’entamer le retour vers les fermes du Schneeberg. J’ai pu faire quelques photos intéressantes, sur les hauteurs et me ravir de ces couleurs d’automne et de ces nuages qui restaient collés aux montagnes. A présent, je repars par la forêt, sur des sentiers magnifiques et ferai une pause repas au niveau de la clairière du Hengst, sur un banc très sympa et confortable. Un repas bien chaud me retape car il fait froid, les températures aujourd’hui restant entre 0 et 3° et un bon petit salé est absolument un régal pour l’esprit dans ces moments-là.
J’emprunte la route forestière au nouveau du Sandplatz, qui m’amène au Col de Wetzlach. C’est la partie la moins glamour de cette rando, les chemins forestiers en concassés n’étant pas vraiment ma tasse de thé mais étant bordé de champignons, cela m’occupe l’esprit quelques peu. Puis un peu après le Col, c’est beaucoup plus joli, avec un sentier à flanc de montagne abrupte, laissant apparaitre roches et racines un peu glissantes, il faut redoubler d’attention et bien poser les pieds, mais qu’est-ce que c’est beau ! La nature est très sauvage à cet endroit et les rochers recouverts de mousse aux abords du chemin sont légion. Je descendrai ainsi jusque la Mossig, que je traverserai par un magnifique pont de bois rallongé. J’ai quelques doutes sur le sens dans lequel ont été fixées les planches de garde de ce pont. Dans l’autre sens, il aurait été plus spacieux, mais je dois me tromper. En tout cas le coin est magnifique !
Une petite partie bitume pour remonter vers la Source de la Mossig, je pensais voir quelque chose mais elle est captée et sous abri, il fallait s’en douter. J’emprunte alors la dernière montée vers les Fermes, très raide, pour terminer cette superbe rando. Je partagerai un moment sympa à discuter avec une dame y habitant, à propos de chose et d’autres et de souvenirs qu’elle a de sa jeunesse ici où elle a grandi, l’évolution des lieux. Sa grand-mère ayant alors donné le droit de passage pour que l’ONF puisse accéder au lieu où j’ai stationné mon véhicule, rendant la rando plus sympa dans le coin, sans déranger. Quand elle me raconte que les déchets abandonnés sur place sont beaucoup trop nombreux, et que les voitures se stationnent parfois n’importe où, je ne suis pas étonné. Si quand elle m’annonce qu’un gentil monsieur s’est même permis de charger dans son coffre quelques pierres du muret délimitant la propriété et le stationnement, je ne suis pas non plus étonné. Mais elle me signale malgré tout qu’elle est toujours ravie de partager quelques mots, les échanges étant malgré toutes nos technologies, réseaux sociaux et autres, assez limités en réel, dans la vie de tous les jours. Elle a fortement raison, on ne s’ouvre plus énormément au quotidien vers les autres et sommes beaucoup plus réceptifs lorsque par exemple notre esprit se détend quand on marche sur les sentiers.
Simple parenthèse en fin de rando mais je suis toujours navré de voir que le rapport de l’homme à la Nature est si compliqué. Que certaines personnes profitent de moments sympas sans savoir remettre un emballage dans le sac, ou en jetant les Kleenex un peu partout, au gré des besoins… C’est fortement dommage. On devrait déjà commencer nous-mêmes à comprendre qu’on est en train de détruire ce qui nous est finalement le plus cher, au lieu de posséder, toujours plus.
Vous savez, ce genre de discussion au bord d’un sentier, qui vous fait réfléchir et qui vous rappelle combien nous devons prendre garde à nos comportements. Une belle journée de randonnée, tranquille, au froid certes, mais heureux.
photo

On attaque fort direct

photo

Col schneeberg

photo

Photo

photo

Schneeberg

photo

On monte droit

photo

Photo

photo

Baerenberg

photo

Baerenberg abri sous roche

photo

Photo

photo

Photo

photo

Photo

photo

Urstein

photo

Photo

photo

Eichkopf

photo

Table Gilbert Montagné

photo

Pause du jour

photo

Sandplatz

photo

Col wetzlach

photo

Photo

photo

Restez prudents et vigilants

photo

Schneematt

photo

Bref passage bitume

photo

Source de la Mossig

Commentaires

    You can or this trail