Durée  4 days 9 hours 16 minutes

Coordonnées 350

Publié 13 août 2016

Recorded août 2016

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2 668 m
17 m
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20
41
81,05 km

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près de Garavan, Provence-Alpes-Côte d'Azur (France)

Le GR52 de Menton à Saint-Dalmas Valdeblore en 5 jours en bivouac
Une distance d'environ 95 kilomètres avec 7500 mètres de dénivelé positif et 6200 de dénivelé négatif.

Jour 1 (8h 16km 1900D+ 1400D-)

Arrivée par le train à la gare de Menton Garavan à 10h, il fait déjà chaud et, comme prévu, ça monte. Il y a un peu d'ombre mais certaines parties du chemin sont en plein soleil, c'est déjà difficile. Première pause après seulement 45 minutes de marche, j'ai déjà pris de la hauteur, je peux voir Menton de haut et, un peu plus loin, Monaco.
Au col du Berceau, il y a des traces d'un feu, l'endroit est grand et plat, des personnes doivent venir régulièrement pour camper avec la belle vue sur la Méditerranée. Il y a aussi une lettre d'Amour qui date de 2014, pour les 40 ans de mariage de ce couple encore amoureux et heureux. Après ce passage, c'est beaucoup plus facile, il y a un peu plus d'ombre mais surtout, le chemin descend, ça va tout seul si bien que je vais jusqu'à Sospel alors que j'avais initialement prévu de dormir avant le village. Arrivée au camping à 18h. Après m'être installé, je fais un tour dans le village qui parait être un lieu touristique mais sans excès, il n'y a pas trop de monde, juste des restaurants remplis.

Jour 2 (9h 16km 1700D+ 200D-)

Il était prévu que je fasse un petit ravitaillement à Sospel, j'attends donc l'ouverture des magasins pour acheter quelques tomates et surtout remplir mes bouteilles. Avec 7 litres d'eau, le sac est lourd et il faut monter sous une chaleur semblable à celle de la veille. Et puis je me trompe de chemin dès le début, je suis les marques blanche/rouge du GR mais il s'agit du GR510 qui ne va pas dans la bonne direction, demi-tour, retour au village et un monsieur m'indique le bon chemin.
Départ effectif 9h20, ce n'est pas vraiment matinal et que c'est difficile ! Je suis très lent et fais beaucoup de pauses, beaucoup trop avancer comme je le devrais. Je croise 3 dames qui descendent sur Sospel, elles sont encore à quelques heures de marche mais n'ont presque plus, je leur en propose un peu, elles refusent poliment en répondant qu'il me reste beaucoup à monter aussi.
A la fin de la journée, je suis épuisé et un peu démoralisé par le faible nombre de kilomètres, je suis encore loin de là où je voulais passer la nuit mais mes jambes sont fébriles, je plante la tente dans de hautes herbes juste à côté du chemin. Il n'est même pas 18h mais la fatigue est prenante, je n'ai pas envie de manger, je m'allonge dans ma tente, vois 2 randonneurs passer devant. Je me couche tôt et passe une excellente nuit.

Jour 3 (9h 21km 1500D+ 1000D-)

Ca va mieux, il chaleur de la veille n'est plus qu'un lointain souvenir, il est 7h30, l'heure du départ. D'un pas assuré, je marche dans la forêt de Breuil lorsque je croise 2 cervidés d'une grande élégance. A la sortie de la forêt de Breuil, 3 chemins s'offrent à moi et aucun signe des marques blanche/rouge du GR, comme à mon habitude, je prends le mauvais chemin, carte en main, je fais demi-tour puis prends la route. Je rencontre 3 jeunes qui font le GR52 dans l'autre sens. Je rencontre un autre randonneur, nous faisons la descente ensemble en discutant, lui voyage plus léger, sans tente. Il vient du camp d'argent et va vers l'Italie. Je le laisse partir dans la montée, il n'y a pas d'ombre, je n'ai que 2 litres d'eau et le prochain ravitaillement d'eau se fera au refuge des Merveilles qui est encore très loin.
Lors d'une pause, je vois de grands oiseaux dans le ciel, il s'agit de vautours fauves, j'en compte 3. Un peu plus loin, je rattrape un couple de randonneurs qui ont l'air d'avoir autant de mal que moi, nous parlons un peu, ce sont eux qui sont passés devant ma tente le soir d'avant. Ils n'ont presque plus d'eau et eux aussi doivent se rendre au refuge des Merveilles. Ils s'économisent autant que je rationne mon eau. La montée du Pas du Diable annonce la "vraie" montagne, l'air est plus frais et la descente se fait presque facilement. L'avantage de ne plus avoir d'eau, c'est que le sac est 7 litres plus léger.
Arrivée au refuge des merveilles, je remplis mes bouteilles d'eau tout en m’abreuvant autant que possible. La traversée de la vallée des Merveilles se fait doucement, je crois beaucoup de monde, principalement des groupes venus admirer les gravures rupestres. Lorsque je grimpe sur la baisse de la Valmasque, il n'y a plus personne, les gens semblent n'être là que pour la vallée des Merveilles.
J'arrive vers 17h30 au-dessus du lac Basto, il y a une grande étendue d'herbe parfaite pour la tente, il y a déjà des tentes, des scouts italiens et randonneurs français. Malgré la dizaine de tentes, nous ne serons pas serrés. Les italiens jouent de la guitare et chantent des chansons. Il fait frais, il y a du vent. Je plante ma tente, mange puis m'endors pour une excellente nuit lors de laquelle le vent se sera calmé.

Jour 4 (7h 11km 700D+ 1200D-)

Au petit matin, le ciel est couvert, il y a de la brume. Je protège mon sac pour la pluie, je laisse tomber le short pour le pantalon et passe des manches courtes aux manches longues, c'est le matin à la montagne.
La montée vers la baisse du Basto est longue, il faut dire que c'est le point culminant du GR52 à 2693 mètres. La descente n'est pas facile, je croise beaucoup de monde dont 3 jeunes qui ont passé la nuit à la belle étoile et qui ont trouvé qu'il faisait froid. J'arrive au refuge de Nice vers 11h, on m'indique que de pluie est prévue pour cette après-midi. D'après eux, il faudrait 8 heures pour arriver jusqu'au Boréon, si je pousse un peu la journée, il me serait possible de planter la tente avant le Boréon et de rattraper le retard pris lors du 2ème jour.
Le Pas du Mont Colomb est aussi difficile que dans ma mémoire mais pourtant, je le fais plus rapidement que le temps indiqué, il faut dire que le ciel est menaçant, je suis entouré par la brume et il ne serait pas agréable d'être au col si l'orage éclate. Je passe le col avant l'orage et croise nombre de personnes montant, je partage mon inquiétude pour la pluie. Les 3 derniers groupes de randonneurs que je rencontre sont une famille avec des enfants, un jeune couple et un groupe de personnes relativement âgées. Les 3 groupes sont encore loin d'avoir passé le col quand la pluie commence à tomber. Pour moi, ça ira, je suis presque à La Madone de Fenestre mais pour eux, il faudra passer le col sous la pluie. La descente sur les cailloux mouillés et glissants me parait être un risque important, pourtant ils ne feront pas demi-tour.
De mon côté, je m'arrête un instant au refuge de La Madone de Fenestre. Voyant que la pluie ne s'arrête pas, je décide d'y dormir pour ne pas tomber malade et pouvoir sécher mes vêtements. En discutant et demandant conseil, je m'aperçois qu'il va être très difficile de terminer le GR52 en 5 jours comme je l'avais prévu sauf à partir très tôt et à marcher très longtemps. Je tenterai ça après un repas chaud et une nuit au sec. Mes compagnons de chambrée sont une famille belge très gentille, le couple et leurs 3 jeunes filles ont presque fini leur tour qui aura fait 5 jours.

Jour 5 (13h 31km 1700D+ 2300D-)

Préparation aussi matinale que possible pour partir dès les premières lueurs mais le temps est encore menaçant et le vent souffle fort. Qu'importe, il faut partir, je couvre mon sac et démarre ma journée à 6h20. Je déplore le manque de marques blanche/rouge du GR lorsque j'arrive au col de Fenestre... ce n'est pas le bon col. Tant qu'à être là, je mets les deux pieds en Italie puis prends un chemin transverse pour arriver au Pas des Ladres. Il y a beaucoup de chamois, j'ai dû en voir entre 15 et 20 dont des jeunes. Le vent soufflait fort mais après le Pas des Ladres, ça va un peu mieux.
Je croise les musiciens du groupe qui fait la tournée des refuges, ils viennent de jouer au refuge de Cougourde et vont vers le refuge de Nice. Il faut du courage pour porter certains instruments au dessus des montagnes. Peu après, d'autres randonneurs qui me disent être des groupies du groupe de musique, ils les suivent et écoutent des concerts. Je trouve cette rencontre un peu surréelle mais c'est tellement plaisant de rencontrer cette originalité.
Et puis ça descend jusqu'au Boréon, c'est assez facile, je suis sur un bon rythme. J'en profite pour prendre une petite pause "chocolat chaud" dans le restaurant. La montée vers le col de Salèse n'est pas si facile que ça, c'est la fatigue qui commence à se faire sentir mais ma motivation est grande et je pousse mes jambes à garder le rythme.
Après une petite descente, j'attaque le dernier col du GR, le col du Barn. Il n'y a presque plus personne sur les chemins. J'arrive en haut vers 16h30, le temps est brumeux mais je suis heureux, maintenant ça ne fera que descendre... enfin, c'est ce que je croyais. Ca ne descend pas vite, les jambes sont de plus en plus fatiguées et l'arrivée à Saint-Dalmas de Valdeblore se fait sans joie particulière, il faut trouver le camping pour passer la tente. Arrivée au camping à 19h30, en enlevant les pauses, ça aura fait environ 12 heures de marche dans la journée, environ 32 kilomètres, je suis épuisé mais arrivé ! J'ai fait mon GR52, je peux dormir heureux d'être arrivé mais tout aussi triste de ne plus être sur les chemins.

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